La magie de l’opéra revient pour une nouvelle édition exceptionnelle. Cette année, découvrez L’Italienne à Alger de Rossini, une œuvre pétillante, drôle et virtuose qui promet une soirée haute en couleur.
Réservez dès maintenant vos places pour vivre cette aventure musicale unique.
Direction musicale Marc LEROY-CALATAYUD
Mise en scène Louise BRUN
Assistante mise en scène Helen HEBERT
Le 20, 21 et 23 Juillet
Avec la participation de
Lamia BEUQUE, Juan DE DIOS MATEO, Ivan THIRION, Przemyslaw BARANEK,
Cécile LO BIANCO, Noélia IBANEZ, Thibaut DESPLANTES

Édition 2026 : Rossini et les mirages joyeux de L’Italienne à Alger
Pour son édition 2026, le Festival Opus Opéra vous invite à découvrir L’Italienne à Alger, irrésistible comédie signée Gioachino Rossini. Créée en 1813, cette œuvre pétillante est l’un des premiers chefs-d’œuvre du compositeur, déjà maître dans l’art de faire rire… et d’éblouir.
L’histoire nous entraîne à Alger, où débarque la vive et intrépide Isabella. Avec intelligence, aplomb et beaucoup d’humour, elle va déjouer les projets du fantasque Mustafà et tenter de retrouver son amoureux Lindoro. Quiproquos, ruses, rebondissements et situations cocasses s’enchaînent à un rythme effréné.
Une mécanique comique d’une précision redoutable
L’opéra hérite de la Commedia dell’arte et en pousse les mécanismes à une virtuosité nouvelle : jeunes amoureux contrariés, personnages typés, situations absurdes et jeux de pouvoir inversés. Mais Rossini ne se contente pas du schéma comique : il le rend vivant, mouvant, imprévisible. Tout respire, tout s’anime. Derrière la caricature, les personnages restent profondément humains. Les situations les plus invraisemblables deviennent moteurs de l’action. Le comique naît du mouvement permanent, jusqu’aux grands finales rossiniens, où les voix s’unissent dans une explosion musicale jubilatoire. Les hiérarchies s’effacent, les repères se brouillent, et l’espace scénique devient le lieu d’une confusion collective presque utopique.
Le comique comme intelligence du regard
Chez Rossini, le malentendu devient moteur dramatique. Les personnages ignorent ce qui leur arrive, tandis que le public, lui, comprend tout. Ce décalage crée le rire. Isabella, au centre du jeu, organise les situations et guide le récit. Elle devient une véritable médiatrice entre scène et salle, entraînant le spectateur dans sa complicité. Le regard porté sur “l’Orient” n’a rien d’exotique au sens sérieux : il est un artifice théâtral, un miroir déformant. Comme chez Montesquieu dans les Lettres persanes, l’ailleurs sert avant tout à mieux observer le même.
Des personnages prisonniers de leurs illusions
Le comique naît aussi du choc entre des personnages enfermés dans leur propre subjectivité. Chacun est tourné vers ses désirs et ses certitudes, incapable de comprendre les autres.
Ainsi, Mustafà et Taddeo se trompent constamment sur leurs rapports à Isabella, tandis que Lindoro subit les événements sans en comprendre les mécanismes. Tous avancent à l’aveugle, persuadés de maîtriser la situation. Au centre du jeu, Isabella s’impose comme la seule lucide. Elle voit l’ensemble, organise les situations, oriente les événements. Elle devient une véritable metteuse en scène interne, guidant aussi bien les personnages que le regard du spectateur, entraîné dans sa complicité.
Un théâtre du public et du regard
Il serait injuste de réduire cette œuvre à un simple affrontement de civilisations. L’“Orient” de Rossini est un décor, un artifice, un miroir. Comme chez Montesquieu, il sert à observer la société occidentale elle-même. Mustafà, sous ses habits orientaux, incarne moins un “autre” qu’une figure universelle du pouvoir ridicule. À ses côtés, Taddeo n’est pas moins “primitif” dans ses réactions jalouses. Personne n’est épargné : tous sont renvoyés à leurs travers humains.
Et surtout, le public lui-même devient acteur du jeu. Dans cette logique héritée de la Commedia dell’arte, il est indispensable que les chanteurs jouent avec lui, le prennent à témoin, entretiennent une distance ironique. Le spectateur est intégré à la mécanique du rire. Isabella, en particulier, attire le public dans son camp. Elle lui donne la clé du jeu, lui permet de comprendre avant les autres, et transforme l’écoute en plaisir complice.
Rossini, derrière le sourire
Derrière la légèreté apparente, Rossini impose une autorité musicale réelle. Ses contemporains le surnommaient même « Il Tedesco », tant son écriture impressionnait par sa densité et sa puissance. Son style vocal est d’une grande richesse : ornements, virtuosité, vocalises éclatantes. Cette profusion n’est jamais décorative : elle sert le théâtre, le caractère et l’énergie dramatique.
Une modernité musicale étonnante
Le style vocal de Rossini se distingue par une abondance ornementale exceptionnelle. Les voix sont constamment sollicitées, ornées de traits virtuoses et de vocalises éclatantes.
On pourrait les comparer à la profusion décorative du baroque rococo des églises d’Allemagne du Sud : une luxuriance où la structure demeure, mais presque recouverte par la richesse des ornements. Chez Rossini, cette exubérance n’est jamais gratuite : elle exprime le théâtre, le caractère et l’élan vital.
Rossini a longtemps été réduit à l’image d’un amuseur brillant. On a trop souvent résumé L’Italienne à Alger à son ouverture et à quelques finales spectaculaires. Mais cela est bien insuffisant. L’œuvre repose sur une cohérence dramatique et musicale remarquable, une continuité d’invention où chaque moment participe du tout.
Le style de Rossini mélange héritage et innovation. On y retrouve l’élégance de Wolfgang Amadeus Mozart dans la clarté de l’écriture, mais aussi une conception du temps musical étonnamment moderne. De longues unités de mouvement créent une énergie continue, parfois circulaire, donnant l’impression d’un surplace dynamique. C’est ce paradoxe qui nourrit la tension dramatique et le comique. Rossini pousse même cette logique jusqu’à des situations où la perception se dérègle totalement : chacun croit entendre autre chose, tout se confond, tout s’accélère… et pourtant tout reste suspendu.
Une explosion de folie organisée
Ainsi, dans certains passages, les personnages semblent perdre la raison. Les trois femmes entendent des cloches, Lindoro et Ali un marteau, Taddeo a l’impression d’être une corniche qui s’effrite et Mustafà entend un canon. À cet endroit, l’unité entre le texte et la musique est exceptionnelle. On reste sur place, même si c’est un mouvement actif, c’est un mouvement actif qui reste sur place : l’harmonie est statique. Cette immobilité est une formidable image de l’aliénation qui saisit les personnages brusquement, frappés par cette crise de folie. C’est aussi le moment où les personnages se retrouvent.
Un monde en mouvement perpétuel
Accessible, drôle, brillante et pleine de charme, L’Italienne à Alger est bien plus qu’une comédie légère. C’est un théâtre de miroirs où les humains se révèlent dans leurs contradictions, leurs illusions et leurs élans. L’œuvre n’avance pas vers une vérité, ni vers un dénouement sage. Elle organise plutôt un système où tout revient, se déplace, se contredit et se recompose sans cesse. Rien ne se fixe vraiment, ni les sentiments, ni les positions sociales, ni même le sens de ce qui est en train de se jouer.
Dans ce mouvement circulaire, Rossini ne raconte pas une histoire qui progresse : il met en scène un monde qui tourne sur lui-même, jusqu’à faire vaciller les repères. Et c’est précisément dans ce déséquilibre maitrisé que naît le théâtre : un théâtre du désir, du malentendu et du jeu, où chacun croit agir alors qu’il est déjà pris dans une mécanique plus vaste que lui.

Une mise en scène de la nouvelle génération
Louise Brun appartient à la nouvelle génération de metteuses en scène d’opéra qui renouvellent aujourd’hui le regard porté sur le répertoire lyrique. Formée au Conservatoire de Bordeaux et passée par de grandes institutions, notamment à l’Opéra de Paris, elle s’impose par une approche à la fois rigoureuse, sensible et contemporaine de la scène. Son travail se distingue par une forte exigence dramaturgique et une attention particulière au jeu des interprètes et à la clarté du récit. Elle développe une écriture scénique précise, où modernité et émotion restent indissociables.
Elle incarne une génération en mouvement, capable de conjuguer innovation scénique et respect des œuvres. Sa présence à Gattières témoigne de cette dynamique : un opéra vivant, exigeant et accessible.
Sa mise en scène propose une lecture intérieure de l’œuvre, où l’Orient devient un espace rêvé et fantasmé. L’action débute dans une salle de bain, lieu intime et quotidien, qui se transforme progressivement en territoire imaginaire. Cet univers mouvant reflète les désirs d’Isabella, qui organise et détourne les situations à sa guise. Le plateau devient un espace fluide, en résonance avec la musique de Rossini, toujours en mouvement.
De Vienne à Gattières : la direction musicale de Marc Leroy-Calatayud
Marc Leroy-Calatayud est un chef d’orchestre franco-bolivien au parcours international, formé entre Vienne et Zurich, et régulièrement invité sur les grandes scènes lyriques européennes. Passé par des institutions majeures comme le Wiener Staatsoper, l’Opéra de Lyon ou le Théâtre des Champs-Élysées, il développe une carrière qui relie les grandes maisons d’opéra aux festivals internationaux. Sa présence à Gattières illustre l’ambition du festival : accueillir un chef de niveau international, nourri par l’exigence des grandes scènes, et mettant son expérience au service d’un festival de proximité.
Equipe artistique et distribution
Ce spectacle réunit l’Orchestre Philharmonique de Nice et les Chœurs de l’Opéra de Nice, sous la direction de Marc Leroy-Calatayud, dans une mise en scène de Louise Brun.
Avec : Przemyslaw Baranek (Mustafà), Cécile Lo Bianco (Elvira), Noélia Ibanez (Zulma), Thibaut Desplantes (Haly), Juan De Dios Mateo (Lindoro), Lamia Beuque (Isabella), Ivan Thirion (Taddeo).
En partenariat avec l’Opéra Nice Côte d’Azur
Informations pratiques
Gattières – Place Grimaldi
20, 21 et 23 juillet 2026 à 21h
Tarif adulte : 40 € / Tarif jeune (-26 ans) : 15 €
opus-opera.com